Message aux nouveaux élus communaux et provinciaux

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Vous avez accompli un acte courageux de figurer sur une liste et d’être dès lors candidats à l’exercice de responsabilités au niveau local. Votre engagement est important car il fait fonctionner la démocratie et son volet local, essentiel en termes de proximité et de respect du principe de subsidiarité (régler les problèmes au niveau le plus apte à les régler).

Ma recommandation est claire: n’ignorez pas les entreprises, soyez au contraire des élu(e)s proches d’elles. Le « pourquoi » et le « comment », intimement liés, peuvent tenir en quatre points.

1. Parlez très souvent avec vos entreprises

Il s’agit d’intégrer dans votre fonction l’établissement de relations permanentes avec les entreprises localisées sur votre territoire, quel que soit leur format: créer et maintenir un dialogue constant avec ce qui fait à la fois la richesse de votre commune ou de votre province et l’emploi de vos administrés.

La relation est à fonder sur la disponibilité et l’information réciproque:

– l’entreprise a besoin de pouvoir s’ouvrir à l’égard des élus aux difficultés notamment liées au territoire, en termes de mobilité, de formation, de relations sociales, de fiscalité, de sous-traitances, d’accueil administratif,…

– le dialogue peut conforter l’entrepreneur dans sa localisation, voire lui donner des arguments pour éviter une délocalisation;

– les élus devraient systématiquement consacrer une part tangible de leur temps à ces relations, confortant ou développant l’écosystème dont ils sont membres et acteurs à part entière.

2. Associez-les à votre gouvernance

Les entreprises elles-mêmes ont leur place dans la gouvernance, compte tenu notamment de la nécessaire redéfinition du périmètre de l’action publique et de l’affaiblissement graduel de la solidarité nationale. Leur intégration comme partenaires dans les plans stratégiques transversaux commerciaux ou dans les initiatives de contractualisation aux niveaux supracommunal et régional est essentiel.

Vous pourrez inventer avec elles des mécanismes nouveaux d’implication des entreprises aux différents niveaux de gouvernance afin d’optimiser le développement territorial et de créer ou renforcer un climat propice à la croissance de leurs activités et à la prise en compte de leur responsabilité sociétale. Cela vaut notamment par rapport aux 17 objectifs du Développement Durable (ODD), chantier ouvert en 2015 et mis en œuvre depuis 2016 par les Nations Unies. Ces ODD peuvent faire l’objet de partenariats d’opérationnalisation entre des entreprises et d’autres acteurs aux différents niveaux de gouvernance.

3. Simplifiez et allégez

On sait que les nœuds administratifs affaiblissent la compétitivité de nos entreprises et l’attractivité de la Wallonie. On comprend ainsi que les entreprises préfèrent des allégements de charges publiques, fiscales et/ou parafiscales à des subventions nécessitant toute une machinerie de formulaires et délais.

L’idée à examiner et, selon moi, à faire progresser est celle d’une désescalade réciproque et concertée d’une part, des charges pesant sur les entreprises et d’autre part, des aides directes (subventions ou subsides) qui leur sont apportées par les différents niveaux de pouvoir. Cela ferait l’objet d’un programme pluriannuel précis, préparé sur base d’un cadastre des charges et des aides directes. Au nombre des avantages d’une telle réalisation, on peut noter:

– les effets forts en termes de simplification administrative

– la simplicité en termes de communication, puisqu’il est question d’un mécanisme global plutôt que d’une somme de mesures ponctuelles

– la prédictibilité pour les entreprises et les investisseurs potentiels.

4. Tenez la distance

Respectez l’entreprise tout au long de votre mandat, relisez le mémorandum élaboré par l’UWE en vue de ces élections et soyez patients et opiniâtres. La Wallonie s’en portera mieux. 

Source : L’Echo – https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/Message-aux-nouveaux-elus-communaux-et-provinciaux/10059508

Conférence-débat sur les enjeux des élections communales et provinciales

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La Chambre de Commerce et d’Industrie de la Wallonie Picarde organisait le lundi 10 septembre, en partenariat avec l’Union Wallonne des Entreprises, sa conférence-débat entre les 4 partis politiques traditionnels et les chefs d’entreprise de Wallonie picarde. Merci à Olivier de Wasseige de l’UWE, Xavier Simon de No Télé, Christian Brotcorne, Jean-Luc Crucke, Rudy Demotte et Simon Varrasse ainsi que tous les entrepreneurs présents pour leurs interventions et la convivialité du débat tout au long de la soirée. Cette soirée était organisée dans le cadre des élections communales du 14 octobre prochain. Elle a permis de confronter les attentes des entrepreneurs aux plans d’amélioration de la région par les partis politiques traditionnels.

Compte rendu de la conférence-débat : http://www.cciwapi.be/data/1537281760Debat%20electoral.pdf

CCI Wapi : Pierre Vandeputte passe le relais à Yves Dekegeleer

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Le 13 septembre dernier, lors d’une garden party organisée à Pairi Daiza, l’ancien président de la CCI Wapi, Pierre Vandeputte, a officiellement passé le relais au nouveau, Yves Dekegeleer. L’occasion, notamment, pour le premier de revenir sur certaines réalisations accomplies ces 3 dernières années (interaction avec les acteurs économiques, réseau des CCI de Wallonie…), et pour le second de présenter les grands axes de son mandat (formation des dirigeants, image de la Wallonie picarde….).

Lire l’article de l’Avenir  : https://www.lavenir.net/cnt/dmf20180923_01230091/passation-de-pouvoir-a-la-cci-wapi

Plus (et mieux) d’emploi

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L’un des chevaux de bataille de la CCI Wallonie a été, est et sera toujours la simplification administrative. C’est ce que les entreprises attendent pour mieux préparer leur croissance, en adéquation avec leurs réalités et leurs besoins.


Les mesures prises la semaine passée par le Gouvernement Wallon, sur proposition du Ministre JEHOLET, vont certainement dans ce sens:
– le Plan Formation Insertion (PFI) va redevenir plus souple et mieux axé sur les besoins des entreprises (selon ce dispositif, l’entreprise forme un demandeur d’emploi à ses besoins techniques spécifiques et l’engage ensuite pour une durée au moins équivalente à celle de la formation  – 4 à 26 semaines ou 52 semaines en cas de faible qualification);
– la toute nouvelle action « coup de poing pénuries » permet une réponse rapide et flexible à la demande d’une ou plusieurs entreprises, qui cherchent au moins 8 travailleurs pour la même fonction dans les métiers en pénurie. Une formation spécifique sera organisée alors par le Forem dans le respect des préoccupations des entreprises et en liaison avec elles;
– le troisième volet du triptyque est constitué par l’incitant de 350 € accordé à tout demandeur d’emploi réussissant une formation dans un métier en pénurie.


Ces mesures sont utiles et impliquent les entreprises, ce qui doit leur permettre certainement de rencontrer pour une bonne part les problèmes de pénurie de main d’œuvre. C’est la raison pour laquelle, avec les autres organisations intersectorielles et sectorielles, la CCI Wallonie s’est engagée à:
– sensibiliser les employeurs aux mesures de lutte contre les pénuries;
– collaborer à la mise en œuvre de ces mesures avec les centres de compétences, le Forem, l’IFAPME et les entreprises (tant disposant de capacités et compétences en formation que recherchant du personnel).

Mais d’importants progrès restent à faire en termes d’employabilité et donc de développement de l’emploi, avec des chantiers comme:
– une meilleure efficience et une accentuation de la simplification administrative dans les services et organismes publics concernés;
– l’intégration de l’employabilité dans une vision commune des différents opérateurs de l’éducation et de la formation, au travers notamment du pacte d’excellence;
– une pédagogie globale de l’entreprise, afin que son image colle à sa réalité et soit donc plus attractive pour les jeunes, comme espace de lancement et réalisation de projets excitants, vecteur de réponse à des besoins sociétaux et communauté humaine de progrès et d’émancipation.

 

Les magazines des CCI ont questionné Philippe Suinen, Président de la CCI Wallonie, sur le Brexit.

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« Au niveau du Brexit, de la prédictibilité pour nos entreprises, svp!»

Philippe Suinen, où en sommes – nous?

– Presque nulle part malheureusement. Je m’en réfère à « Libération » qui écrivait le 20 juillet dernier: «Le chaos des dernières semaines a pourtant prouvé, une fois de plus, que ce que dit Theresa May aujourd’hui n’aura peut-être plus de valeur demain ». Et le négociateur européen, Michel Barbier, de souligner que « le débat semble encore en cours au Royaume-Uni ».

C’est grave ?

– Potentiellement, oui pour nos entreprises. Le problème est que l’échéance du 29 mars 2019 approche à grands pas et que vu les délais de ratification si un accord intervient, celui-ci devrait être conclu en octobre. Faute d’un tel accord, on se trouve devant la pire hypothèse, la Grande-Bretagne perdant tous les liens qui la rattachaient à l’Union Européenne par sa qualité de membre. Pour nos entreprises wallonnes, la Grande-Bretagne ne ferait plus partie du marché unique européen alors qu’elle est actuellement la 4ème destination de leurs exportations… Cette situation ne pourrait être interprétée que comme un manque de respect vis-à-vis des entreprises, qu’elles soient britanniques ou de l’Union Européenne.

Les Chambres de Commerce ont-elles réagi ?

– Oui. Avec nos amis du VOKA et de BECI ainsi qu’avec les Chambres de Commerce françaises, britanniques, danoises et irlandaises, nous représentons pas moins de 70 % du commerce UE – GB dans les deux directions et avons adopté une position en 3 points. Tout d’abord l’absence d’un accord (no deal) serait préjudiciable aux entreprises et doit absolument être évitée. On en reviendrait ainsi en effet à la préhistoire en matière de relations commerciales, laissant libre cours aux mesures unilatérales.

Les entreprises et l’emploi méritent mieux quand même ?

– C’est précisément ce qui correspond au 2ème point de notre position. La clarté sur les futures relations UE – GB est nécessaire dès que possible. Une prédictibilité légale à long terme est indispensable pour que nos entreprises puissent planifier le futur en confiance. Tout comme elles ont besoin de l’intégrité du marché unique européen. Cela explique que l’hypothèse d’un accord avant le 29 mars 2019 est la moins mauvaise, puisque dans ce cas, une période de transition s’ouvre automatiquement jusqu’à fin 2021, maintenant pendant ce temps le Royaume-Uni dans l’UE.

Et votre 3ème point? 

– Il réclame un Brexit respectueux des entreprises (business friendly). Pour cela, les autorités publiques doivent maintenir et faire fonctionner en temps réel des canaux d’information entre elles et vers les milieux d’affaires. Car il est indispensable d’indiquer aux entreprises quelles mesures prendre et de veiller à leur accompagnement. Et là, les CCI, qui comptent l’aide aux formalités douanières dans leur champ d’action, s’investissent dans la diffusion de l’information et l’accompagnement des entreprises.

Quid des accords commerciaux vers le reste du monde ?

– C’est aussi une question cruciale car l’on sait que, sauf maintien d’une union douanière entre l’UE et elle, la Grande – Bretagne retrouverait une capacité à négocier de nouveaux accords commerciaux directement. Les rencontres entre Mme May et le Président Trump ont été révélatrices à ce sujet. C’est pourquoi, pour éviter d’être systématiquement dribblée par la Grande – Bretagne, l’UE a grand intérêt à négocier sans tarder le plus d’accords commerciaux avec le reste du monde, améliorant ainsi la position de nos entreprises sur ces marchés.

21 juillet 2018 à 16:46

Suinen Tacle la Ministre Greoli

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Article à lire sur le site de l’Avenir.net

Philippe LAWSON (L’Avenir) – 2/08/2018

Pour Philippe Suinen, ex-patron de l’AWEX et de WBI, la double casquette de Pascale Delcomminette est un gage d’efficacité.

On serait tenté d’écrire que c’est la surprise de l’été. Selon nos confrères de L’Echo, la vice-présidente du gouvernement wallon, Alda Greoli (cdH), également vice-présidente de l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles, estime que la double casquette de Pascale Delcomminette a un impact négatif sur l’AWEX et WBI. Cette dernière est administratrice générale de l’Agence wallonne à l’exportation (AWEX) et de Wallonie-Bruxelles International (WBI), l’agence chargée de la politique extérieure commune de la Wallonie et de la Fédération.

Diplomatie économique

Pour Alda Greoli, les métiers de l’AWEX et de WBI sont complémentaires, mais il y a des situations où leurs objectifs seraient divergents. Elle cite comme exemple l’octroi des licences d’exportation d’armes (AWEX) et la défense des droits humains (WBI). Elle plaide donc pour la fin de la double casquette. Explicitement, elle défend l’idée de nommer deux patrons, chacun gérant séparément les deux organismes.

Philippe Suinen a assumé les deux fonctions pendant 16 ans. Contacté par nos soins, il estime qu’assurer les deux fonctions est plus un atout qu’un handicap. «Je ne me suis jamais retrouvé dans une situation de conflit où mes deux casquettes étaient en opposition. À l’heure où on parle de plus en plus de diplomatie économique, les ambassadeurs doivent faire plus de matières économiques», nous a confié Philippe Suinen.

L’UWE sceptique

Il rappelle que dans sa fonction de patron de l’AWEX, le titulaire a une mission d’avis et que les dispositions qui encadrent l’octroi d’une licence d’exportation de matériel de défense relève du droit international qui s’impose à tout le monde. «Quand on peut se présenter globalement, on gagne», soutient-il. Philippe Suinen rappelle d’ailleurs avoir proposé un plan de fusion de l’AWEX et de WBI qui n’a pas été approuvé.

Pour les acteurs économiques, la proposition de la ministre Greoli de scinder les postes d’administrateur général de l’AWEX et de WBI n’a pas de sens. «On ne comprend pas la raison d’une telle démarche. En ce qui nous concerne, il n’y a jamais eu de dysfonctionnement observé. Nous sommes assez satisfaits des prestations de l’AWEX et le procès d’inefficacité qui est fait ici est injustifié », renchérit Yves Prete, président sortant de l’Union wallonne des entreprises (UWE).

Il rappelle d’ailleurs que la fédération patronale régionale n’a jamais porté une telle demande. D’après lui, scinder les deux casquettes afin de nommer deux personnes différentes n’est pas un bon signal envoyé en termes de simplification administrative.

D’autres observateurs se demandent si le cdH, par l’intermédiaire de la ministre Greoli, n’est pas en train de préparer le terrain pour trouver un point de chute à des collaborateurs. Une chose est sûre, la proposition a fait long feu.

 

Pourquoi pas un Waldeal ?

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La Wallonie aurait besoin d’un pacte sociétal et prospectif , ou plus simplement le Waldeal, impliquant les formations politiques démocratiques qui le souhaitent, les partenaires sociaux, les universités et autres opérateurs de l’éducation et de la recherche, la société civile et le monde associatif.

Sortons tout d’abord du manichéisme ou du dualisme conflictualisé entre patrons et travailleurs: défendre les entreprises, c’est bien sûr défendre aussi ceux qui y travaillent et y travailleront. Tout comme ce que l’on appelle improprement les  » cadeaux aux entreprises  » vise à résorber une partie de l’écart de compétitivité (par exemple en coûts salariaux globaux et coûts énergétiques) qui peut les pénaliser vis-à-vis notamment de leurs principaux concurrents et voisins.

Bref, les entreprises auront apprécié que, dans son discours sur l’état de la Wallonie, le Ministre-Président Willy Borsus ait non seulement dressé un tableau objectif de la situation de la Région et affirmé son ambition (un socle solide, un cadre et une rénovation des outils), mais aussi lancé un appel aux Wallonnes et aux Wallons pour qu’ils construisent un projet.

Et pourquoi pas un grand projet collectif qui énumérerait des objectifs à atteindre et des principes à respecter ensemble sur une période suffisamment longue?

Un grand projet qui énumérerait des objectifs à atteindre et des principes à respecter ensemble (par les gouvernements aussi) sur une période suffisamment longue (10 – 20 ans et plus si possible). C’est ce que l’on pourrait appeler le pacte sociétal et prospectif wallon, ou plus simplement le Waldeal, impliquant les formations politiques démocratiques qui le souhaitent, les partenaires sociaux, les universités et autres opérateurs de l’éducation et de la recherche, la société civile et le monde associatif…

 Cette façon de se préoccuper de la Wallonie présente plusieurs avantages:

– elle démontre la maturité d’une Région dont la cohésion induit la cohérence et valorise la capacité de consensus

– vis-à-vis notamment des investisseurs, elle concrétise et donne du sens à trois principes pas fort éloignés l’un de l’autre, la capacité d’anticipation, la prédictibilité et la continuité

– parce qu’on doit en faire une balise, le résultat constitue un engagement réel vers une croissance inclusive (veiller à ce que l’indispensable développement économique par les entreprises puisse s’accompagner d’une réduction de la pauvreté)

– il devrait en être de même pour le concept de développement durable qui, pour prendre un exemple, ne signifie pas (bien au contraire) un frein à la croissance de nos aéroports régionaux, mais constitue une garantie d’ancrage régional et de longévité de nos entreprises

– un tel processus ne pourra que rendre la Wallonie plus attractive, à commencer par le climat de paix sociale qu’elle diffuserait et projetterait. Toutefois, attention! Il faut des années pour bâtir une réputation positive et quelques heures pour la défaire…

– on ne pourra ignorer l’avantage incontestable que représente pour la Wallonie sa diversité, notamment source de créativité tout comme d’internationalisation positive. Cette nécessité existentielle de la diversité appelle une politique active d’intégration et non d’assimilation.

La Wallonie ne peut pas être une île ou se confiner dans une forteresse autarcique, elle est aussi belge et européenne. Belge dans le cadre d’un État fédéral dont le rôle  n’est pas d’assister, en spectateur distrait, au creusement des inégalités territoriales en son sein. L’investissement public fédéral a, en la matière, un rôle de levier et de référence,  qu’il s’agisse de la défense (renouvellement des F16, frégates, etc) ou du transport public (RER, sortie de la Wallonie de son statut de cul-de-sac hors grands axes internationaux). La Wallonie est aussi européenne: autant elle veille à renforcer cette grande œuvre qui équilibre et fait progresser le monde, autant elle est en droit d’attendre un soutien de l’Union à son développement (fonds structurels, recherche, politique industrielle…).

En écrivant ces lignes, je n’ai pas l’impression de rêver, mais de décrire le possible. On ne peut que renforcer l’appropriation de ce Waldeal par les Wallonnes et les Wallons en dotant sa préparation et sa mise en œuvre de panels citoyens. En complétant ainsi la dimension de démocratie participative de ce projet qui doit nous tenter, toutes et tous.

L’Afrique émergente

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A l’occasion des journées économiques africano-belges organisées du 27 au 29 mars à Genval par Africa Rise, Philippe SUINEN s’est exprimé en ces termes :

« Ces journées sont tout d’abord un espace de conversation et de dialogue. Jean d’Ormesson décrivait la conversation comme l’une des formes les plus hautes et la marque de la civilisation. J’ajouterai qu’elle est mieux respectée et plus raffinée en Afrique. Africa Rise est aussi:

– un espace de synergies et de complémentarités ;
– un lieu d’équilibre et d’égalité (il n’y a pas celui qui a et celui qui est « eu »……. nous avons ensemble ce que nous sommes) ;
– un reflet de la réalité où Afrique et émergence sont synonymes.

En plus, de telles rencontres d’opérateurs et d’entreprises ne pouvaient se passer qu’en Belgique, pays de taille moyenne qui allie humilité raisonnable et ambition, mais aussi respect et proximité. C’est ce qui s’appelle le surréalisme, où le sujet rit de soi-même, avec férocité et fracas parfois, pour la simple et bonne raison qu’il respecte trop l’autre sujet et n’a qu’une envie, ou au moins une forte motivation, non pas de rire de lui, mais de rire avec lui.

Et la Wallonie dans tout cela ? Elle est Belge et elle-même à la fois.
C’est à la fois :

– une porte d’entrée francophone pour la Belgique et l’Europe (entrée, sortie, aller retours et accueils envers et contre tout) ;
– une région francophone mais multilingue ;
– un acteur majeur et décomplexé de la francophonie économique.

Dans ce vaste partenariat euro-africain, l’apport des CCIs est au moins le suivant, sans que ce soit exclusif :

– la proximité et la connaissance des entreprises (parler avec elles, parler pour elles, parler d’elles, parler par elles) ;
– c’est aussi un réseau mondial et omnicontinental (nous trouvons des associations-sœurs partout dans le monde) ;
– en termes de francophonie économique, la CPCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones) est l’acteur le plus concret et le plus compréhensif du paysage.

C’est ici et maintenant qu’il faut bien le souligner : L’ENTREPRISE EST UN ACTEUR MAJEUR DU DÉVELOPPEMENT. L’entreprise élabore, produit, échange, met à disposition et vend des produits, services, valeurs… tous porteurs de réponses aux besoins et préoccupations des gens, porteurs d’activités et d’emplois. Ce sont les entreprises qui bâtissent des chaînes de valeurs et prennent leur place dans les chaînes entamées par d’autres. Ce sont elles qui développent l’emploi, la recherche, la créativité, l’innovation, le marketing, le design, le design social, l’humanisme, la proximité et la convivialité. Une action de développement oubliant ou négligeant les entreprises manquera de pertinence et d’impact. Ceci revient à dire à toutes les autorités responsables en matière de coopération au développement : basez vos actions et projets aussi sur les entreprises. Tout comme j’ai déjà dit « Quand les entreprises y seront mieux considérées, la Wallonie ira mieux », je dis aujourd’hui « Quand les entreprises y seront mieux considérées, le développement des pays et de leurs habitants ira mieux».

Au Bénin, avec nos amis de la CCI Bénin, la CCI Wallonie et ses chambres locales tentent de concrétiser cela ensemble, au mieux des intérêts de leurs entreprises.
Ce qui a déjà été réalisé, avec l’aide importante du programme EntrePairs de l’APEFE :

– partage d’expériences et d’expertises (lobby et plaidoyer, services aux entreprises et relations avec elles, réflexions sur les business modèles…) ;
– organisation de stages en Wallonie pour des cadres de la CCI Bénin ;
– aide aux premiers pas de jeunes entreprises (BYBA – Benin Young Business Awards) ;
– mise en contact de partenaires potentiels notamment d’entreprises béninoises et wallonnes, (B2B et plate-forme pérenne).

La relation avec la CCI Bénin est en cours de renforcement, avec l’accord mis sur l’intelligence stratégique, la gestion de l’information, l’efficience commerciale, l’approche commune des marchés tiers et la clusterisation. Nous avons également accueilli la CCI Marseille-Provence dans le périmètre de coopération.

Voilà pour le bel exemple du Bénin. D’autres partenariats euro-africains en sont au stade du démarrage au niveau de la Chambre Wallonne de Commerce et d’Industrie et des Chambres locales : c’est le cas en Tunisie, au Maroc, au Rwanda, au Sénégal et au Burkina Faso. Il s’agit, là aussi, de mettre l’Afrique dans la tête et le cœur des Wallons, comme de mettre la Wallonie dans la tête et le cœur des Africains. »

Simplifier, informer et sensibiliser plutôt qu’harceler

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Aux côtés d’autres opérateurs, la CCI Wallonie a été invitée le 9 janvier par le Parlement Wallon à une audition relative à une proposition de décret wallon légitimant les fausses candidatures et les mistery calls pour rechercher des discriminations en matière d’emploi.

Philippe Suinen, Président de la CCI Wallonie, a rappelé que la diversité constituait une richesse importante pour la Wallonie et propice au développement de ses entreprises. Mais aussi que la diversité se renforce par la conviction et non pas par la peur.

Procéder par leurres et par faux, cela revient à alourdir les formalités administratives pour les entreprises, contrarier la volonté de celles-ci de développer l’emploi et aggraver leurs difficultés actuelles face à des candidatures reçues ou transmises en vrac, sans pré-sélection et souvent avec un positionnement métier établi sur la seule base déclarative du demandeur d’emploi.

En outre, des réglementations lourdes qui ne seraient d’application qu’en Wallonie ne pourraient que désavantager notre Région dans sa prospection d’investisseurs potentiels. Il y aurait aussi immanquablement un impact négatif sur la confiance des employeurs et ceux-ci auraient à subir le renversement de la charge de la preuve.

La CCI Wallonie confirme ainsi que le meilleur moyen d’éviter les discriminations à l’emploi tient en l’information des entreprises et l’appui technique à leurs procédures de recrutement. Et ce pour bien rencontrer cet objectif incontestable de l’entreprise: impliquer dans son développement les personnes disposant des meilleures capacités par rapport à ses besoins.