Solutions pour éviter la faillite…

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Quid de la PRJ pour relancer ses activités après la crise ?

En ces temps de covid, de nombreuses entreprises déjà mal en point se sont trouvées très très mal dès la fin mars et au mois d’avril. Nos Autorités ont réagi. Un premier moratoire sur les faillites a été décidé, il a pris fin en juin. Mais un second a été voté, qui court jusque fin janvier. Il ressort de cette situation inédite que 5.289 entreprises seulement ont été déclarées en faillite sur les 8 premiers mois de l’année (source Graydon). La baisse est énorme par rapport à 2019 (- 30,2 %) et le tsunami annoncé des faillites ne nous a pas (encore) touchés. Maintenant, tout le monde sait que le calendrier est simplement reporté et qu’il va balayer la planète éco’ avant l’été. Une enquête menée par l’Union wallonne des entreprises au printemps avançait le chiffre de 9 % des entrepreneurs craignant cette issue pour leur projet. Au sortir d’un deuxième confinement, on se demande si les chiffres ne sont pas plus alarmants encore. D’où l’idée, non pas de vous faire peur mais, de vous entretenir d’une procédure bien connue mais pas toujours comprise : la PRJ. Nous avons rencontré Tibault le Hardÿ, avocat spécialisé en droit des entreprises en difficultés, inscrit au Barreau de Bruxelles et du Luxembourg (belge)…

EA : Pouvez–vous réexpliquer, très simplement, ce qu’est une PRJ ?

Tibault le Hardÿ : « PRJ » est l’acronyme de « procédure de réorganisation judiciaire ». C’est une procédure de « sauvetage » pour les entreprises. Elle vise à éviter les faillites et permettre la continuité des activités des entreprises. Très simplement, l’entreprise confrontée à des difficultés (problème de trésorerie, perte d’un contrat important, marché compliqué, dettes insurmontables…) peut obtenir la protection du tribunal de l’entreprise, par le simple dépôt d’une requête. Il s’agit principalement d’expliquer les difficultés rencontrées et de joindre des documents comptables.

EA : On parle donc de protection pour l’entreprise…

T. lH. : Oui… Et dès la demande de protection, l’entreprise en difficultés est protégée contre une citation en faillite et la plupart des voies d’exécution (saisie, vente forcée…). Dès que le tribunal « ouvre » la procédure (par un jugement), toutes les dettes sont ‘gelées’ pendant ce qu’on appelle une période de ‘sursis’.

EA : Qui dure…

T. lH. : C’est une période de 6 mois (en principe) durant laquelle l’entreprise pourra se réorganiser et mettre en place les solutions permettant d’assurer la continuité de son activité et éviter la faillite. Il faut donc imaginer qu’une ‘bulle d’air’ est offerte à l’entrepreneur en difficultés. Mais attention, s’il s’agit de mettre ‘sur pause’ le paiement des dettes anciennes, les nouveaux engagements (les factures qui arrivent après l’ouverture de la PRJ) devront, eux, être respectés. De plus, il s’agira de travailler à des solutions pérennes durant cette période, grâce aux différents « outils » qu’offre la procédure.

EA : Il existe donc plusieurs formes de PRJ ?

T. lH. : Oui, il y a 3 formes principales. Chacune poursuit un objectif particulier que l’on peut résumer simplement sans trop entrer dans le détail. La PRJ 1 vise à rechercher des accords amiables avec quelques créanciers (échelonnement des paiements, révision des taux d’intérêts applicables, nouvelles garanties, accord commercial…). La PRJ 2 vise à rechercher un accord collectif, c’est-à-dire avec tous les créanciers cette fois (par un plan global de redressement). Dans la plupart des cas, pour les créanciers, il s’agira alors d’appliquer l’adage « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras » et accepter le plan… Enfin, la PRJ 3 vise le transfert d’activités sous autorité de justice. Il s’agit, ici, de céder les activités qui peuvent encore l’être durant le délai de sursis. L’objectif est d’éviter le « fracas » de la faillite… dans le cadre de laquelle les actifs sont vendus « à la casse ». Par ailleurs, concernant l’« accord amiable », il est important de préciser qu’il peut également être mis en place en dehors d’une PRJ. C’est un « outil » qui devrait se développer de plus en plus dans le contexte de la crise actuelle. Malheureusement, il n’est pas encore assez connu des entrepreneurs, de leurs comptables et parfois même de leurs avocats. Ceci est regrettable car cet accord « extra-judiciaire » permet d’éviter de passer par la « case justice » et, surtout, d’échapper dans certains cas à la faillite…

EA : À l’époque, le dépôt de la requête était gratuit, puis ce fut 1.000 euros, puis 300… On parle aujourd’hui de réduire à nouveau son coût. Qu’en est-il ?

T. lH. : C’est une bonne question… que notre législateur a eu beaucoup de difficultés à traiter. En quelques mots, le coût du dépôt est aujourd’hui de moins de 100 euros. On se rappellera que le dépôt était au départ gratuit, afin d’éviter tout obstacle à l’ouverture de PRJ pour les sociétés en très grosses difficultés. Cela a conduit à des dépôts « intempestifs » de requêtes… afin de profiter de l’effet suspensif des voies d’exécution et, singulièrement, des saisies exécutoires. Une réforme a voulu contrer cet effet en installant un coût de 1.000 euros par dépôt, avec l’effet inverse à la clé pour les petites structures en réelles difficultés.

EA : Et…

T. lH. : Aujourd’hui, la voie médiane a été choisie. Il est d’ailleurs vraisemblable que le montant restera faible, même s’il pourra évoluer. Quant aux saisies, elles ne sont plus systématiquement bloquées par le simple dépôt de la requête. Dans certains cas, le débiteur devra payer les frais d’exécution de l’huissier ou du notaire désigné (pour une vente publique d’un immeuble, par exemple) afin de bénéficier de l’effet suspensif de la voie d’exécution.

EA : Et les frais d’avocat là-dedans ? Que coûte réellement une PRJ ?

T. lH. : C’est une question à laquelle il est extrêmement difficile de répondre vu que chaque procédure est différente. Dernièrement, un avocat s’est prononcé dans la presse à ce propos en indiquant que les frais à engager se situeraient dans une fourchette entre 3.000 et 10.000 euros. Voici les éléments qui influenceront les frais : nombre de créanciers, nombre d’accords amiables à négocier, contestations des créanciers pendant la PRJ, difficultés à élaborer un plan, durée de la période de sursis…

EA : Est-ce une solution pour une TPE ?

T. lH. : Dans certains cas, les frais liés à une PRJ sont tels qu’il convient de conseiller de déposer le bilan plutôt que de déposer une requête en PRJ. L’entrepreneur pourra alors plus rapidement se protéger des créanciers et ‘se refaire’. Naturellement, cela pose une série de questions : la confiance des partenaires, les frais liés à la relance d’une nouvelle structure, les ‘comptes à rendre’ au curateur… Il y aura donc toujours un calcul d’opportunités à réaliser, avec son comptable et/ou son avocat. La décision doit être réfléchie et ne pas être prise à la légère.

EA : La PRJ est-elle une solution pour passer la crise covid ?

T. lH. : C’est la question du moment. En pratique, nous faisons un constat simple : il n’y a pas beaucoup de dépôts de requête en PRJ durant la crise que nous connaissons. À mon sens, cela s’explique notamment par deux éléments.

EA : Qui sont…

T. lH. : D’une part, les créanciers (dont l’Etat, à savoir la TVA, l’ONSS… dans le cadre du moratoire sur les faillites) ne sont pas ‘menaçants’ pour l’instant, de sorte qu’il n’est pas strictement nécessaire de se mettre ‘à l’abri de ses créanciers’. D’autre part, la PRJ protège l’entreprise en difficultés et conduit à un ‘gel’ des créances existantes… mais pas des créances futures. Pourquoi donc lancer une procédure lourde et coûteuse, alors qu’il conviendra de continuer à payer les nouvelles dettes ? Ce constat pousse certains, aujourd’hui, à demander la mise en place d’un système d’hibernation… qui impliquerait également un gel des factures futures.

EA : On parle d’une ‘refonte’ de la procédure. La procédure va être simplifiée ?

T. lH. : Oui, absolument. Il est évident que la réforme prochaine apportera simplification et assouplissement de la procédure. À ce jour, le formalisme entourant le dépôt d’une requête en PRJ est un obstacle, vu les frais de conseils (avocat et comptable) nécessaires afin de constituer un dossier qui « passe » devant le tribunal. En pratique, un acteur prend d’ores et déjà plus de place depuis la crise et devrait en prendre encore d’avantage : c’est le médiateur d’entreprise.

EA : C’est ‘La’ solution ?

T. lH. : En tout cas, il sera probablement un acteur plus central encore au gré des réformes. C’est une sorte de facilitateur – souvent un avocat reconnu pour son indépendance et son expertise – qui intervient ‘au milieu du jeu de quilles’ (entre l’entreprise en difficultés et un créancier menaçant par exemple) et qui rendra des comptes au tribunal.

EA : Son rôle va jusqu’où…

T. lH. : Le médiateur pourra faire des propositions concrètes, comme suggérer des pistes d’accord, conseiller l’ouverture d’une PRJ ou, au contraire, une mise en faillite, élaborer les grandes lignes d’un plan de restructuration… Enfin, la réforme à venir devrait également apporter une meilleure participation des parties entre elles.

Plus d’infos
Service Re-Action
Sébastien Wagelmans : 0499 751 468
Maxime Piret : 0491 39 54 40

Nouveau droit de la preuve

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Du changement pour vos entreprises depuis début novembre…

Vous avez sans doute déjà lu, ou entendu parler de la liberté de la preuve en matière commerciale. Par contre, vous ne savez peut-être pas que les choses ont changé depuis le 1er novembre dernier.

Et si on faisait le tour de la question pour savoir ce que cela signifie exactement et, également, ce qui vient donc récemment de changer…

Clients professionnels
Tout d’abord, il nous faut distinguer les contrats que vous souscrivez avec des professionnels et ceux conclus avec des consommateurs. Avec des clients professionnels, la preuve est libre et peut dès lors être fournie de n’importe quelle manière. Vous pouvez par exemple imprimer un mail, utiliser une discussion, vous référer à un sms… Aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, un tel ‘document’ pourra donc être utilisé comme moyen de preuve si l’expéditeur et le contenu sont clairement identifiés.

Clients privés
Ce qui n’est pas aussi simple avec des clients privés. Ici, deux cas de figure sont possibles. Votre client est un consommateur lambda, ce qui rend la preuve libre lorsqu’il s’agit d’un contrat d’une valeur inférieure ou égale à 3.500 euros. Ou alors, le contrat porte sur une valeur supérieure à la somme dont nous venons de parler… ce qui suppose que la preuve doit être rapportée par un écrit signé. Dans ce cas, l’accord transmis par courrier ou par sms ne vaudra qu’en tant que début de preuve !

LE CONSEIL DE NOTRE JURISTE

  • Si vous êtes face à un consommateur et que le contrat a une valeur supérieure à 3.500 euros, réservez-vous toujours un document écrit. Vous pouvez, par exemple, demander une confirmation de la commande avec une signature manuscrite, ou une signature électronique mais authentifiée (via système EID, notamment). Si ce n’est pas possible, vous pouvez également faire signer un document au moment de la livraison ou lors de la première prestation chez le client.

Impact(s) pour votre entreprise…
En pratique, vous vous demandez sans doute quel impact ce régime peut avoir pour votre entreprise et, surtout, quelle est la force probante de vos factures ? Une interrogation légitime dans votre chef qui nous amène à vous répondre de façon claire et précise. En effet, il appert que, depuis l’entrée en vigueur du nouveau droit de la preuve, une facture qui n’a pas été contestée par une entreprise dans un délai raisonnable est considérée, d’une part, comme une facture acceptée et, d’autre part, comme une preuve contre l’entreprise qui l’a émise. Notons, en outre, que la preuve de l’acceptation de la facture ne doit pas être fournie. Il faut également savoir qu’une présomption légale existe, selon laquelle une facture acceptée ou non contestée dans un délai raisonnable correspond au contenu supposé de la convention. Certes, il nous faut quand même stipuler que la preuve du contraire est quand même possible…

LE CONSEIL DE NOTRE JURISTE

  • Lorsque vous recevez une facture qui vous interpelle, contestez-la sans attendre. L’important est de s’y atteler par écrit dans le « délai raisonnable », en se rappelant que les explications et raisons juridiques qui justifient cette contestation pourront être adressées par après.
  • Vous pouvez également prévoir dans vos conditions générales de vente que le défaut de contestation d’une facture par une entreprise, dans un certain délai, fait présumer de l’acceptation (attention que ceci est interdit à l’encontre des consommateurs).

Contestation(s)
La question sous-jacente est à ce moment de savoir ce qu’il advient si un consommateur ne conteste pas votre facture dans un délai raisonnable… Ici, nous dirons que le silence face à la réception d’une facture ne peut pas être considéré comme une acceptation de cette dernière et constituera (seulement) un début de preuve. On ajoutera que seul un silence ‘circonstancié’ pourrait être considéré comme une acceptation, par exemple dans le cas où le consommateur ne donne aucune suite à plusieurs rappels.

Preuves
Le texte légal stipule cependant que la comptabilité a une force de preuve légale depuis le 1er novembre. Ce qui pousse certains d’entre vous à s’interroger sur l’utilisation de la comptabilité de l’entreprise comme moyen de preuve. Précisons-le, une telle comptabilité devra désormais obligatoirement être acceptée comme preuve devant un Tribunal. Mais, pour ce faire, il est nécessaire que les documents comptables de l’entreprise contre qui on les invoque… concordent. Soyez aussi attentif au fait que votre propre comptabilité pourrait, le cas échéant, servir de preuve contre vous !

Que dit le juge ?
Maintenant, que dit le juge et, surtout, que se passe-t-il devant sa juridiction si l’application des règles normales est manifestement déraisonnable ? En l’espèce, nous relèverons que les parties à un procès doivent rapporter la preuve de ce qu’elles avancent. Elles doivent donc collaborer à la charge de la preuve de bonne foi. Ce qui explique que, dans des circonstances exceptionnelles justement, le juge pourra déterminer qui assumera la charge de la preuve si l’application des règles normales est manifestement déraisonnable.

En collaboration avec Justine Golinvaux, Avocat – LIBRA’DROIT – Avocats, Conseils et Médiateurs

Une entreprise qui va mal cache aussi, très souvent, un patron qui ne va pas (trop) bien…

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Cette détresse est peut-être un appel au secours qui mérite toutes les attentions !

Quand une affaire se porte mal, quand une entreprise connaît des difficultés, ou sombre carrément, il n’est pas rare que le patron prenne un coup sur la tête et gère difficilement la situation, y compris pour lui-même. Tellement, d’ailleurs, qu’il lui arrive alors de penser au pire. Le pire du pire, même ! Et c’est là, certainement, que l’expertise que nous sommes amenés à donner quant aux chiffres, quant au(x) produit(s), quant à l’activité et l’entreprise en général prend une tournure très très différente. Il faut alors avoir les mots justes et les attitudes adéquates pour réagir promptement et rediriger le patron vers des professionnels formés et compétents, chose désormais possible sur un simple coup de fil…

Prévenir… et écouter !
Une ligne téléphonique – appelée ‘Prévention du suicide’ – vient en effet d’être lancée à l’échelle de la région (grâce aux fonds de La Wallonie), elle offre une écoute confidentielle pour soutenir les indépendants en détresse. C’est une initiative particulièrement utile, alors que le Covid-19 est toujours bien présent et que les impacts économiques et sociaux de la pandémie se font de plus en plus visibles. Eh oui, la réalité est de plus en plus lourde à affronter pour certains ! Il ne vous surprendra dès lors pas d’apprendre, à ce sujet, que la crise que nous traversons impacte non seulement – et en direct ! – la viabilité des affaires… mais également, par corrélation, la santé mentale d’un tas de gens, et notamment de centaines, voire de milliers d’indépendants bousculés dans leurs certitudes, leurs engagements, leurs vies ! Ces gens, parfois très endettés pour les besoins de leur business, ont, pour rappel – et en nombre ! – été obligés de fermer leurs établissements, leurs magasins, leurs entreprises, alors que ces activités génèrent pour la plupart l’intégralité de leurs revenus.

Aide ‘psy’ pour des entrepreneurs en souffrance
On s’en doute, le quotidien de ceux qui se retrouvent dans des situations aussi complexes n’est certainement pas simple. Empêtrés dans des montages financiers parfois inextricables, d’aucuns en viennent même à un désespoir ultime qui débouche, la presse l’a encore relaté récemment, sur ce que les professionnels appellent le risque suicidaire. Vous avez bien lu, on en est là. Il en résulte que, pour répondre aux besoins croissants de ces indépendants qui ne voient plus spécialement d’issues, le Centre de référence de prévention du suicide a décidé de développer un projet concret. Sous le nom d’APESA Wallonie – aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aigüe – ce dispositif actif a donc été mis en place courant de l’été.

Confiez-vous, parlez…
Concrètement, le projet a pris corps en deux phases, avec tout d’abord la mise en place de la ligne d’écoute téléphonique gratuite dont nous parlions (0800 300 25), un numéro accessible du lundi au vendredi de 8h30 à 17h. Mais ce n’est pas tout ! Un véritable réseau d’alerte, appelé « sentinelles », a par ailleurs été mis en place, lui aussi pour parer au plus pressé quand la situation l’exige et, en tout cas, pour prévenir tout drame au coeur de la détresse des indépendants et entrepreneurs. Ce réseau, auquel sont associés ceux qui gravitent autour des entrepreneurs dans leur métier, à savoir par exemple les magistrats des tribunaux de l’entreprise, les comptables, banquiers et autres professionnels du chiffre…, est actuellement en formation pour être capable d’identifier, de repérer les individus susceptibles d’avoir besoin d’aide. D’où le nom de sentinelles ! On l’a compris, au-delà de leur métier, de leur mission, ces gens auront désormais un autre rôle, à exercer de façon très discrète, c’est-à-dire être aux aguets pour éviter toute situation susceptible de dégénérer.

Un ‘pass’ dans l’impasse…
« La nature de notre ASBL est de se soucier de l’autre, nous avons donc choisi d’aider les indépendants car ils ont été particulièrement touchés par la crise du Covid-19. Nous sommes conscients de leur réalité et de la détresse psychologique que cette situation a engendrée, c’est pourquoi il nous semblait évident d’intervenir pour leur cause et de leur apporter tout notre soutien », souligne Thomas Thirion, administrateur délégué de l’ASBL ‘Un ‘pass’ dans l’impasse’. Pour faire simple, nous préciserons qu’une sentinelle est donc bien une personne volontaire, formée à détecter une personne suicidaire, qui fait office de lanceur d’alerte auprès du service compétent, sur base toutefois de l’accord de la personne identifiée comme nécessitant une aide.

Aucune situation du genre n’est anodine !
On en terminera en ajoutant que ‘Un ‘pass’ dans l’impasse’ est spécialisée dans la prise en charge des personnes suicidaires et ‘suicidantes’ depuis 2008. La mission de cette ASBL a crû ces dernières années, notamment en 2013 lorsque le Gouvernement wallon lui a accordé une reconnaissance en qualité de centre de référence en santé mentale spécifique suicide. Cette année, comme expliqué, elle s’est aussi tournée vers un ‘nouveau’ public : les indépendants. Quant au Centre de référence de prévention du suicide (CRePS), il est un service d’appui pour les professionnels du secteur psychomédicosocial qui sensibilise également la population à la prévention du suicide. Ses missions consistent à diffuser de l’information, à soutenir la mise en place d’événements en lien avec la problématique du suicide, à assurer la promotion des formations, à s’investir dans la recherche en matière de ‘suicidologie’, à participer aux réunions de concertation en vue d’améliorer le parcours de soins des personnes suicidaires/‘suicidantes’…

Plus d’infos
Prévention suicide – 0800 300 25
Un ‘pass’ dans l’impasse – Centre de référence de prévention du suicide – www.info-suicide.be – contact@info-suicide.be
Facebook : https://www.facebook.com/CentredeReferencedePreventionduSuicide/
Twitter : https://twitter.com/SuicideWallonie

La crise vous a touché…

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Et si vous vous (re) plongiez dans l’analyse de votre projet, du spectre de votre entreprise et de ses défis ?

Parmi les termes jusque-là fort peu usités qui ont fait florès durant la crise – et il y en a plusieurs, soyons clairs ! – le mot résilience est sans doute celui que l’on entend aujourd’hui le plus souvent, surtout depuis que l’on parle de relance, de rebond après la pandémie. Résilience par-ci, résilience par-là. Sont-ils résilients ? Font-ils preuve de résilience ? Quid de leur résilience ? Mais, au fait, ce mot vous parle-t-il vraiment ? Nous avons essayé d’y voir plus clair et, surtout, de voir comment vous aider sur le sujet…

Première recherche : la physique. En physique, la résilience est la capacité d’un matériau à revenir à sa forme initiale après avoir subi un choc. Ah ! Deuxième recherche : l’écologie. Ici, l’interprétation se focalise sur la capacité d’un écosystème, ou d’une espèce, à récupérer un développement ou un fonctionnement normal après avoir subi une perturbation. On cible de mieux en mieux. Troisième recherche : la psychologie. En l’espèce, la résilience est un phénomène consistant à pouvoir se reconstruire depuis un état post-traumatique. Oh, oh ! Quatrième et dernière recherche : l’économie, pour qui la résilience est la capacité à revenir sur la trajectoire de croissance après avoir encaissé un choc. Bon sang, mais c’est bien sûr…

‘BMC Résilience’
Tout s’éclaircit ! La crise que nous traversons a laissé – et laissera certainement encore longtemps – son lot de chocs et de traumatismes. La résilience viendra donc avec le temps. Elle s’appréhendera avec des spécialistes, notamment sur le plan psychologique. Par contre, à la Chambre, nous sommes tout à fait capables de nous pencher, avec vous, sur l’aspect économique de la situation. Nous vous proposons de le faire en nous appuyant sur un outil connu des entrepreneurs, à savoir le BMC. Cette fois, nous utilisons toutefois un outil adapté, que l’on appelle ‘BMC Résilience’. Vous, patrons, connaissez- vous ce fameux ‘Business model Canvas, en version résilience’ ? Nous avons rencontré Philippe Drouillon, l’un des principaux artisans de ce concept post-covid, en collaboration avec la Sowalfin. Interview…

Entreprendre : Monsieur Drouillon, comment est né ce ‘Business model Canvas’ nouvelle formule ?

Philippe Drouillon : Un peu par hasard… Dans les faits, et chronologiquement, nous avions pour objectif – avec d’autres conseillers en entreprises orientés création – de penser et de créer de nouveaux outils pour venir en aide à ceux qui se lancent dans un projet de nouvelle activité. Nous étions alors en février 2020…

EA: Et le covid nous a frappés !

P.D. : Oui, le covid est arrivé… avec son lot de (très) mauvaises surprises. Très vite, le confinement a été décidé. L’économie s’est trouvée en peine. Nous nous sommes alors penchés non plus sur un outil pour les jeunes créateurs, mais sur une solution réactive susceptible d’aider les entreprises existantes à repenser leur activité pour continuer à fonctionner.

EA: Et cela fonctionne ?

P.D. : Pour tout dire, nous travaillions à l’époque avec un groupe d’entrepreneurs luxembourgeois… Dans cette volonté de groupe réside l’idée qu’à plusieurs, nous avons plus d’idées. Et c’est l’évidence ! Ensemble, nous pouvons nous inspirer les uns les autres. Nous pouvons également nous challenger pour parvenir à nous réinventer. C’est l’idée de l’émulation collective… Le concept a d’ailleurs été accueilli très favorablement. C’est évidemment important que le candidat soit ouvert au changement, dans sa façon de travailler et dans sa manière de penser… par la force des choses.

EA: Comment cela fonctionne-t-il au juste ?

P.D. : Il s’agit de prendre de la hauteur sur la situation pour pouvoir établir un diagnostic, un peu comme en médecine finalement. Vous regardez tout ce qui ne va pas, point après point. Il faut établir une liste des causes externes (par exemple, vos fournisseurs qui ne travaillent plus) et internes bien sûr. Une fois le diagnostic établi, on regarde quelles sont les pistes qui permettent de colmater les brèches entamées par le covid. C’est ce qu’on appelle les pistes défensives…

EA: Et il y a un modèle existant…

P.D. : Oui, c’est vraiment un tableau concret. Bon, il faut se pencher dessus, et compléter les cases en réfléchissant bien à des évolutions potentielles. En quelques questions, il est cependant possible d’avoir des réponses étonnantes !

EA: Qui dit défense, dit attaque ?

P.D. : Effectivement, les pistes offensives sont aussi très importantes. L’idée est de repenser son activité en fonction du diagnostic établi et des brèches qui restent ouvertes, notamment celles pour lesquelles on ne peut rien faire.

EA: Mais encore…

P.D. : L’entrepreneur est incité à agir en regard des pistes qu’il aura préalablement étudiées. L’idée n’est pas de s’éparpiller dans des voies qui ne mèneraient à rien, mais plutôt d’en explorer une ou deux qui paraissent les plus réalistes. En identifier une ou deux et y aller à fond !

EA: Et si la mayonnaise ne prend pas ?

P.D. : Si ça ne prenait pas, alors il faudrait repenser à d’autres pistes… En tout cas, j’ai envie de dire que l’entrepreneur est incité à agir, à prendre son sort entre ses mains…

EA: Un conseil pour les entreprises qui voudraient repenser leur(s) activité(s) ?

P.D. : J’aime bien l’idée de se remémorer « son » étoile polaire, sa motivation initiale… Pourquoi me suis-je lancé dans cette entreprise, qu’est-ce qui m’anime ? Et comment je pourrais le faire maintenant… d’une autre manière ?

Propos recueillis par Vincent Van Parys Service Création : 061 29 30 44

Urbanisme et Environnement

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La possibilité de consultations publiques en mode dématérialisé est prolongée…
Les mesures sanitaires actuelles, bien légitimes, pourraient nuire à une participation du public efficace et étendue dans le cadre des réunions imposées par le CoDT et le Livre Ier du code de l’Environnement. On pense, par exemple, à la « réunion d’information préalable » prévue pour certaines révisions du plan de secteur, ou pour les demandes relatives à des permis soumis à étude d’incidences sur l’environnement, qui sont susceptibles de rassembler un nombre significatif de personnes.

Cette « réunion d’information préalable » a une double fonction : elle doit permettre au public de s’informer sur le projet… mais aussi d’interagir en lui permettant de formuler ses observations et propositions d’alternatives sur le projet présenté afin qu’il en soit tenu compte par le porteur de projet et dans le processus de l’évaluation des incidences qui aura lieu ultérieurement.

Jusqu’au 30 juin 2021 dans le pire des cas !
C’est pourquoi, le Gouvernement de Wallonie a décidé de prolonger l’application des arrêtés de pouvoirs spéciaux jusqu’au 30 juin 2021, tout en laissant au Gouvernement la possibilité de réduire cette période dès que la situation sanitaire et les décisions du Conseil national de sécurité (CNS) permettront de nouveau les rassemblements.

Réunions virtuelles…
À cet égard, le Gouvernement de Wallonie donne donc la possibilité au porteur de projet d’organiser des réunions virtuelles en lieu et place des réunions d’information préalables du public, de mettre en ligne une présentation vidéo montrant le projet et d’offrir la possibilité à quiconque en fait la demande d’obtenir une copie papier de la présentation du projet. Elles pourront également consulter une copie papier à la commune.

Ou pas !
Bien entendu, la réunion d’information préalable peut toujours se tenir en présentiel, au choix du porteur de projet, pour autant qu’elle puisse se tenir dans le respect strict des mesures sanitaires. C’est le porteur de projet qui déterminera quelle solution est la plus adaptée entre la procédure existante et la nouvelle…

La 5G doit servir les milieux économiques…

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Nos Autorités plaident en tout cas pour une transition digitale inclusive !

Nos Autorités ont récemment parlé d’un nouveau besoin informatique qui doit autant servir Monsieur Tout-le-Monde que les entreprises dans leur plus grand nombre. On appelle ça la transition digitale inclusive…

Et cette transition, à en croire Petra De Sutter, Ministre fédérale des Télécommunications, elle est non seulement pour demain mais il ne faudra surtout pas rater le coche ! Selon les spécialistes qui briefent nos dirigeants, les années à venir seront cruciales dans le domaine de la 5G, de l’intelligence artificielle et de la numérisation ! Nul ne doit être laissé sur le bas-côté de la route… mais le pire serait que notre pays lui-même ne monte pas dans le bon train. Pour ce faire, un ‘digitest’ garantira que tout le monde, tant les citoyens que les entreprises, soit pleinement impliqué dans la révolution numérique qui s’annonce encore plus décoiffante !

Agenda numérique européen…
Dans les faits, la note de politique générale télécommunication de la ministre s’appuie sur l’agenda numérique au niveau européen. Ainsi, la Belgique suivra étroitement les travaux relatifs au ‘Digital Services Act’ européen, qui vise à adapter la législation sur l’e-commerce datant… d’il y a 20 ans ! Nous créerons de la sorte un cadre clair et moderne pour l’e-commerce international et les principales plateformes Internet, et nous veillerons à ce que les consommateurs soient mieux protégés.

Penser Intelligence artificielle
Un autre dossier sur lequel on travaille beaucoup en Europe – et qui doit rapidement recevoir un contenu belge – concerne l’élaboration d’une véritable stratégie sur l’intelligence artificielle (IA). « Chacun sait que l’IA comporte à la fois des opportunités et des risques », souligne la ministre, « Des recherches seront par conséquent menées au niveau européen pour déterminer si la réglementation actuelle en matière de sécurité des produits et de responsabilité est adaptée à ces nouvelles technologies. Dans le même temps, nous devons travailler sur une nouvelle réglementation concernant la transparence, par exemple dans le domaine des algorithmes. Un plan d’action national aidera nos entreprises et notre secteur académique à tirer parti des investissements européens dans le cadre du Digital Europe Programme. »

Mise aux enchères des droits de la 5G
Un autre dossier capital concerne la fameuse – et tant décriée ! – 5G. Sur ce volet, pas de mystère, la Belgique veut jouer un rôle moteur au niveau international. Ce qui implique, bien évidemment, de prévoir son déploiement aux quatre coins du pays. Il incombe donc au Gouvernement fédéral d’organiser la mise aux enchères des droits de la 5G. Tout est mis en oeuvre pour que cette mise aux enchères ait lieu en 2022. Ce déploiement est un prérequis pour une transition digitale réussie. Sauf que la 5G fait couler beaucoup d’encre et ne recueille pas des lauriers partout où l’on en parle.

Un développement qui prendra en compte la santé !
« Bon nombre d’entreprises et de secteurs attendent pour démarrer dans ce domaine… », poursuit la Ministre De Sutter. « Il ne s’agit pas de pouvoir regarder des vidéos plus rapidement sur les smartphones, mais de permettre des interventions médicales vitales, d’optimiser des processus logistiques et de garantir une mobilité durable ‘intelligente’. » Ce qui n’exclut pas que les Autorités soient attentives aux réticences. La ministre explique d’ailleurs, « Nous sommes conscients des préoccupations. En collaboration avec le ministre de la Santé compétent, je veux mettre à la disposition des citoyens des informations correctes sur la 5G, d’une manière professionnelle et fondées sur des preuves – avec les rapports scientifiques en main. Les directives européennes en matière de santé sur la 5G sont très claires et nous ne nous en écarterons pas. »

La Chambre de commerce accompagne les créateurs dès les prémices de leur projet…

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Retour sur nos ‘séances collectives création’, une manière originale de préparer les futurs indépendants à se lancer dans le grand bain !

Quel que soit le secteur d’activité, quelle que soit l’idée, quel que soit également le porteur de projet qui décide de mouiller la chemise, faire atterrir un concept, lancer une affaire, ouvrir un commerce… sont autant de réalités qui peuvent faire peur, voire bloquer les meilleures volontés parce qu’un banquier s’est montré peu convaincu, parce qu’un proche a remis certaines parties du projet en question, parce que l’ensemble des besoins et obligations, notamment administratifs, sont lourds et rebutants. Et pourtant, tous les feux ont l’air au vert…

Sauf qu’ici comme en d’autres matières, l’oeil externe appréhende les choses sous un angle différent, sans amour-propre inutile, froidement pourrions-nous dire, précisant ici des notions zappées par un créateur trop impliqué, s’interrogeant sur des points capitaux qu’un porteur de projet a peut-être minimisé, soit par méconnaissance, soit par erreur, soit même par paresse. Et puis, il s’avère souvent que présenter son projet en public peut déclencher des choses, confirmant les uns devant d’autres créateurs, ou au contraire refroidissant les ardeurs des autres s’apercevant que l’idée n’a sans doute pas suffisamment mûri ! Depuis plus d’un an, la Chambre de commerce organise des séances de groupe sur la création d’entreprise, c’est l’occasion de donner la parole à nos experts en création chargés d’informer avant accompagnement… tout en permettant aux futurs indépendants de prendre un pouls du terrain sans risques ! Nous avons rencontré les trois conseillers qui animent ces rendez-vous. Rencontre…

Entreprendre aujourd’hui : Monsieur Wagelmans, vous accompagnez les créateurs de longue date, quel est fondamentalement l’objectif de ces séances de groupe ?

Sébastien Wagelmans : Clairement, le but est de donner les premières informations – avec conseils et outils à la clé – pour aider le futur indépendant à construire son projet. Pas celui du voisin, mais le sien. Il est certain que ces séances nous permettent de gagner du temps en groupant les créateurs… mais l’un des points cruciaux que nous avons identifiés au sortir des rendezvous, c’est l’échange qui se met en place entre les participants. Souvent, il y a une vraie émulation qui est guidée par les avis et expériences des uns et des autres. Parfois, des synergies se font jour dès le premier contact !

EA : Quel type de public rassemblez-vous lors de ces séances ? Accompagnez-vous tous les projets ?

S.W. : Notre volonté est d’être une première porte pour ceux qui se lancent. Tous les porteurs et tous les projets sont dès lors les bienvenus lors de nos séances d’introduction. Pour la suite de l’aventure, et pour certains projets très ciblés, les services d’autres structures partenaires sont plus adaptés, nous faisons alors le lien…

EA : Vous pouvez être plus précis…

S.W. : Notre valeur ajoutée dans l’accompagnement à la création s’exprime pleinement pour des projets à potentiel de développement. Maintenant, loin de nous toute idée de faire la fine bouche. Chaque projet mérite évidemment une attention, mais on sait que des structures sont plus adaptées pour seconder les plus petits projets, pour guider des créateurs qui sont encore au stade de la réflexion, ou les porteurs qui réclament une attention trop soutenue parce qu’ils sont un peu perdus à de nombreux sujets. Nos séances permettent cependant à chacun de se jauger, ne serait-ce qu’en écoutant les autres…

EA : Comment vous distinguez-vous des autres parlant d’accompagnement à la création ?

S.W. : Ici, nous travaillons à trois pour tenter de balayer l’ensemble du sujet avec des approches et des outils différents. Nous proposons d’une part aux créateurs un aperçu de ce qu’il convient de faire administrativement pour se lancer, puisque nous disposons d’un guichet d’entreprise. Ce volet cadre déjà correctement le créateur. Mais ce n’est pas tout, nous utilisons le ‘business model canvas’ (BMC) pour déterminer le projet, l’entreprise, le produit dans un univers plus large qui comprend la concurrence, la clientèle…

EA : Beaucoup de réponses se trouvent déjà là…

Vincent Van Parys : Oui, et ça délie les langues. On peut également dire que ça fait avancer la discussion. Et on enfonce ensuite le clou en abordant d’autres notions tout aussi capitales, je pense à l’aspect financier du projet, à ses perspectives commerciales aussi. Bref, on analyse l’ensemble avec rigueur, en proposant même le recours ponctuel à d’autres compétences que nous avons en interne, ici à la Chambre.

EA : Ceux qui participent à vos séances connaissent-ils le monde de l’entrepreneuriat ? Quel message leur faites-vous passer à ce sujet ?

V.V. : On dit souvent que la vie d’entrepreneur ressemble un iceberg… puisque seule la réussite est visible ! Et je dois bien vous avouer que beaucoup de créateurs n’imaginent aucunement ce qui se cache derrière ce statut d’indépendant qui fait rêver les uns ou saliver les autres. Cette vision est certes une des facettes… mais ce n’est pas la seule !

EA : Allez-y, expliquez-nous…

S.W. : Derrière les messages encourageants ou mobilisateurs que l’on entend, on ne peut quand même nier les évidences. Je pense que les créateurs doivent s’engager en toute connaissance de cause. Peu de gens parlent, par exemple, des moments de doute que vivent tous les patrons, des efforts consentis au quotidien, de la formation indispensable, des échecs potentiels, de la prise de risque nécessaire. Beaucoup savent que la passion est fondamentale, mais ce choix est une vraie aventure de vie qui concerne celui qui se lance et sa famille !

EA : Est-ce à dire que vous en découragez certains ?

S.W. : Pas nous, ils se découragent eux-mêmes. Sans doute n’étaient-ils simplement pas prêts ! Il faut dire que nous rencontrons à la fois des motivés qui baissent les bras au premier écueil, et d’autres qui se renforcent et trépignent de se lancer. Le but de ces séances est aussi de sensibiliser les porteurs de projet sur ce statut particulier et de les aider à réfléchir à ce projet qui va probablement changer leur vie…

EA : Quel sont vos outils et/ou les techniques utilisées pour aider les indépendants à avancer ?

S.W. : Je vous préviens d’emblée, nous n’avons pas réinventé la roue. Nous utilisons donc les outils qui ont fait leurs preuves pour challenger les porteurs de projets, à savoir le fameux ‘business model canvas’ (carte d’identité du projet) qui est un outil simple (il en existe d’autres, je le précise) pour retranscrire le modèle économique de l’entreprise, à la fois côté business mais également différenciation et innovation.

EA : Vous parliez tout à l’heure du plan financier…

S.W. : Ce qui est normal au sein d’une chambre de commerce, je pense. Quoi qu’on en dise, le but d’une entreprise est de dégager une certaine rentabilité. Or, celle-ci résulte d’un rapport entre le revenu obtenu et les ressources employées pour l’obtenir. Ne tournons pas autour du pot, une entreprise rentable est celle qui a la capacité de générer de la valeur ajoutée grâce à son activité.

EA : D’où ce focus bien utile…

S.W. : Le but d’un plan financier est de budgéter les ressources nécessaires et de faire des prévisions de rentrées. On sait qu’on sera toujours au-dessus ou en dessous, mais il est nécessaire de poser des balises claires et de faire parler les chiffres pour étudier le potentiel du projet. Ensuite, on réfléchit au montage financier et à la recherche de moyens externes. En découlera le calcul du seuil de rentabilité, avec cette question essentielle : « Combien d’unités dois-je vendre pour couvrir tous mes frais fixes ? »

EA : Quid encore de la stratégie commerciale ?

V.V. : La base – et d’ailleurs la première case du BMC – est de savoir qui sont les clients du produit ou de l’entreprise. On peut aussi se demander à qui vous allez amener de la valeur. Cette étape franchie, qu’on appellera le ‘profiling’, il sera utile de s’interroger sur la plus-value de ce que le créateur propose, avec cette question sans équivoque : « Pourquoi viendraient-ils chez moi plutôt que chez un concurrent ? ».

EA : C’est l’évidence…

V.V. : Pas pour tout le monde. Cela peut paraître étonnant, mais beaucoup de porteurs de projet ne connaissent pas le profil de leur clientèle, qui est pourtant au coeur de leur démarche de communication. Nous poussons bien sûr la réflexion plus loin, mais c’est un point de départ primordial pour créer son identité et sa marque de fabrique.

EA : Finalement, quelles sont les démarches à mettre en oeuvre pour se lancer ?

Marc Lecomte : Comme mes collègues l’expliquent ci-dessus, la première étape est la préparation du projet ! Les porteurs mettent souvent la charrue avant les boeufs et se tracassent de leur statut avant d’avoir construit leur projet.

EA : C’est-à-dire…

M.L. : Ils nous viennent avec des questions très précises sur le statut d’indépendant, la création d’une société, le type de société… avant d’avoir construit le BMC, et même fait une ébauche de plan financier. Le statut idéal dépend du projet, du nombre de personnes qui y prendront part, mais également du statut du porteur. Je précise, pour ma part, les premières informations générales sur le statut d’indépendant et les démarches à accomplir. Je me penche ensuite, au besoin, sur chaque cas… lorsque le projet est plus abouti.

EA : En gros, quelles sont les démarches ?

M.L. : Il y a trois démarches de base à effectuer pour devenir indépendant, que ce soit à titre principal ou en activité complémentaire. Il faut s’inscrire à la BCE et à la TVA, et s’affilier aussi à une caisse de sécurité sociale.

EA : Où peut-on faire ce genre de démarches ?

M.L. : Chez nous ! À la Chambre de commerce, nous proposons le package complet en un seul endroit puisque nous disposons d’un guichet d’entreprises agréé. Evidemment, nous vérifions ensemble, et avant que le porteur ne se lance, s’il a les connaissances pour le faire : c’est la connaissance en gestion et l’accès à la profession. Administrativement, les démarches sont relativement simples et ça peut aller très vite. Mais, comme expliqué, cette étape est l’aboutissement du chemin de la création et il est nécessaire de bien comprendre ce statut et de bien s’entourer (comptable, conseiller de la Chambre de commerce…) pour s’éviter les premiers problèmes.

EA : Monsieur Wagelmans, que pensez-vous qu’il soit encore nécessaire d’ajouter ?

S.W. : Rien, sinon que l’aventure entrepreneuriale doit se préparer pour que le rêve ne vire pas au cauchemar. Nos séances de groupe sont des espaces de parole qui permettent déjà de confronter le projet au regard des autres, c’est un premier contact qui n’a pas de prix. Venez, inscrivez-vous, les prochaines séances se tiendront (si le covid ne vient pas tout perturber !) à la Maison des entreprises.

Plus d’info :

Service Création : Tél. : Sébastien Wagelmans 0499 75 14 68 – Vincent Van Parys 0499 90 16 19
Guichet d’entreprises : Marc Lecomte 061 29 30 50 – creation@ccilb.be

’Blacksheep’ vous emmène en voyage…

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Et si la résilience face au covid passait par des initiatives totalement originales comme celle-ci ?

Le covid a frappé des tas d’entreprises, il a aussi marqué certains esprits… qui ont rêvé, phosphoré, et finalement osé. Du coup, durant les dernières vacances, certains projets innovants se sont taillés une place étonnante… alors même que le terme ‘vacances’ semblait saugrenu dans la tête de beaucoup !

Ainsi, alors que bon nombre annulaient des voyages aux quatre coins du monde, l’offre locale a été prise d’assaut, qu’il s’agisse de gîtes, d’attractions ou de restaurants éphémères. Chez nous, du côté de Marche-en-Famenne, un concept original a cartonné, il offre de (re)découvrir la région à la manière d’un ‘road trip sur la route ’66’ à bord d’un ‘VW California’, vous savez ces fameuses camionnettes ‘oldies’ !

« Sur la N4 ou la Nationale 89, comme sur la route de Memphis… »
Être au bon endroit au bon moment, avoir le nez fin, suivre son instinct… il y a mille et une manières de décrire l’opportunité saisie par Evan Laloux, qui s’est engagé dans le réseau d’agences Blacksheep, en proposant des vans en location pour sillonner la province, la Wallonie, la Belgique… et, demain, toute l’Europe sans doute à la manière des routards ou des campeurs d’hier. Bonne idée, en tout cas, en plein covid, alors que le monde du tourisme traditionnel international sombrait chaque jour un peu plus dans les zones pourpres. Notre entrepreneur marchois a donc saisi l’opportunité au bond, il surfe désormais à côté de ses autres casquettes sur la vague d’un nouveau tourisme (intra-muros) et démontre qu’il faut oser pour changer le cours des choses. Lui, il l’a fait de manière simple, en proposant de voyager à bord d’un camping-car de luxe équipé de cuisine, frigo, évier, bref tout le confort pour parcourir nos campagnes.

Concept simple, mais efficace…
Le concept est en fait on ne peut plus efficace. « Dès que vous êtes à bord, vos vacances commencent. Et vous dormez là où vous voulez, en pleine forêt, en montagne, hors des sentiers battus en tout cas ! ». Evan Laloux est lui-même étonné du succès de ce concept et, bien sûr, de sa diversification entrepreneuriale. « Si je vous disais qu’aucun véhicule n’est resté sur place depuis début juin… Nous avons d’abord investi dans deux vans, qui ont été réservés dès le premier jour. Vu l’engouement, nous en avons alors acheté trois autres. Avec le même succès au rendez-vous ! En l’espace de 2 mois, nous avons donc doublé la flotte de véhicules. Notre stratégie est maintenant de croître en passant à 10 en 2021… avec l’espoir, en 2022, de disposer d’une trentaine de véhicules pour nos deux antennes, en province de Luxembourg et à Bruxelles… ». On conclura par ces mots : pari osé, pari gagné !

Plus d’info
www.blacksheep-van.com
www.facebook.com/blacksheepvanwallonie

Une coopérative agricole ardennaise reconnue…

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Son nom : ‘Saveurs d’Ardenne’

Bonne nouvelle, tout récemment pour la coopérative agricole, filière bovine, les ‘Saveurs d’Ardenne’, implantée dans le village d’Erneuville (Tenneville).

Concrètement, cette organisation de producteurs, qui dépasse bien sûr les contours du petit village des bords de la N4, regroupe une vingtaine d’éleveurs bovins situés en divers endroits de la province, et même un peu en dehors.

Privilégier les circuits locaux…
Eleveurs « naisseurs-engraisseurs », ces indépendants ont en fait décidé, comme d’autres sur le lait, par exemple, de prendre leur destin en main pour ne plus subir sans broncher les prix du marché et le diktat des distributeurs. Ensemble, ils ont défini une charte et un cahier de charges pour déterminer les contours d’une production à pouvoir proposer à des centrales d’achat ou à la grande distribution. Le but, chacun l’aura compris, est de pouvoir arriver sur les marchés de la vente avec un produit de qualité irréprochable et dans le respect d’une vraie charte, plutôt que de tenter la même démarche en ordre dispersé… et donc d’aborder la clientèle déforcés !

Circuit-courts…
Maintenant, la ligne de conduite de la coopérative est claire, elle privilégie le circuit-court. C’est aussi pour cela qu’au-delà des acheteurs de gros volumes, ‘Saveurs d’Ardenne’ ambitionne aussi de se tourner vers les boucheries locales, de produire pour l’horeca, voire même pour le particulier. Dans les cartons, on entend que la coopérative pourrait aussi ouvrir une boucherie propre… mais nul ne sait encore, pour l’heure, où en est cette réflexion et où positionner ce futur comptoir. En attendant, voilà une reconnaissance qui peut aider à valoriser le travail de ces agriculteurs-éleveurs, surtout quand on sait que l’on mange en moyenne 10,3 kilos de viande bovine par an et par habitant en Belgique chaque année.