Bois énergie…

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Une vraie alternative, avec un combustible durable et local

Avec plus de 200.000 hectares boisés, notre province est riche, on le sait, de ses vastes massifs forestiers… et, évidemment aussi, de l’exploitation de ceux-ci. On n’y pense pas toujours, mais il est bien, en l’occurrence, question de richesse car cette ressource naturelle est un matériau aux multiples usages alimentant différentes filières économiques. Certes, d’aucuns regretteront qu’une part de cette richesse s’en aille ailleurs – et parfois loin ! – pour être transformée, l’essentiel de la valeur ajoutée nous échappant de facto. Mais force est de constater qu’aujourd’hui, le Luxembourg belge a largement pris conscience de son potentiel et que le bois s’est fait une place de choix parmi nos productions. Ainsi, par exemple, le bois est certainement un matériau de construction et d’aménagement plus qu’intéressant. Ses applications dans le domaine vont de la charpente à l’ossature, des châssis aux aménagements intérieurs…

Mais si le bois est depuis longtemps utilisé comme matériau de construction, il l’est tout autant désormais en tant que combustible. Des bûches de différentes tailles que nous connaissons de longue date, la gamme bois énergie s’est, avec le temps, étoffée d’autres produits répondant à des caractéristiques particulières, on pense aux briquettes, aux plaquettes, et même, et de plus en plus, aux pellets.

Le bois, une énergie renouvelable

Les arbres étant reconnus pour capter et stocker le carbone, leur combustion – et donc la libération de ce carbone dans l’atmosphère – ne semblait pas de prime abord correspondre aux critères des énergies renouvelables. Et pourtant, grâce aux efforts des gestionnaires forestiers, cette réalité ‘verte’ se vérifie aujourd’hui concrètement. C’est donc la gestion durable des forêts qui rend le bilan CO2 du bois énergie neutre. En effet, la gestion durable de cette ressource permet de maintenir, d’adapter et de restaurer l’écosystème forestier dans le temps. « Je coupe un arbre ; un autre pousse, qui lui aussi grandit… ».

Recycler, réutiliser…

Maintenant, le bois énergie ne provient pas, loin s’en faut, de la seule exploitation forestière. De nos jours, d’autres ressources alimentent cette filière, comme par exemple les co-produits du sciage (propres et écorcés) et les sous-produits de production de bois pour la production de pellets évoqués plus haut.

Avancées technologiques !

Ajoutons que la technologie a également amené sa pierre à l’édifice. Chacun l’aura compris, on parle ici du rendement des systèmes de combustion qui s’est considérablement amélioré en une dizaine d’années, réduisant par là même les émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et de soufre, de composés organiques volatiles aussi. Il en résulte que si le bois énergie est brûlé dans des chaudières performantes, l’émission de gaz nocifs et de particules fines est contrôlée. C’est même tellement vrai qu’en combinant ces résultats avec le fameux bilan neutre en CO2, il est permis d’affirmer qu’il s’agit là d’une énergie propre. On précisera encore que l’utilisation d’un produit normé permet d’obtenir de meilleurs rendements de combustion : meilleure qualité, rendement amélioré !

Un produit qui génère une activité locale

Soulignons à ce sujet que, contrairement aux énergies massivement importées, le bois énergie est bel et bien une ressource locale, générant en outre, côté emploi et développement économique, une activité peu délocalisable. Aux quatre coins de la province, quantité d’entreprises de toutes tailles se développent d’ailleurs dans ce secteur générateur de nombreux emplois. Ce qui crée une sorte d’émulation collective qui n’échappe pas à nos Autorités. Raison pour laquelle, conscient de cette richesse et des enjeux énergétiques et environnementaux qu’elle représente, le Gouvernement wallon s’est engagé dans une stratégie « biomasse-énergie », pour une montée en puissance de cette énergie renouvelable d’ici 2030. Ladite stratégie est décrite dans le Plan Air Energie Climat 2030, elle augure de vrais changements dans notre approche de l’énergie du futur… et d’un potentiel que nous ne voyions pas hier.

Plus d’infos

Service Energie – Mathieu Barthélemy
Tél. : 061 29 30 65

Votre entreprise grandit, vous comptez bientôt engager…

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Avez-vous déjà pensé à recruter des personnes étrangères, un choix qui offre des avantages au-delà de la diversité et de l’intégration ?

En 2020, c’est l’évidence, le marché du travail est très différent de ce qu’il était il y a cinq, dix ou vingt ans encore. Normal, notre société elle-même a changé, s’ouvrant de plus en plus sur le monde, alors même que la population de notre pays s’est au fil du temps largement métissée.

Ceci est un constat neutre, qui n’engage aucunement celui qui en fait état. Pas plus que de remarquer qu’il y a du coup de plus en plus de diversité parmi notre population en âge de travailler, qu’il s’agisse de demandeurs d’emploi ou de salariés d’ailleurs. Maintenant, cette réalité – qui se voit et qui se vit – nous oblige à gérer la fameuse diversité qui est devenue la règle, autrement dit à déployer tout le potentiel d’une main-d’oeuvre hétérogène dans un environnement de travail qui n’exclut personne. Et ça, dans une entreprise, ce n’est pas nécessairement simple à envisager.

Une valeur ajoutée pour mon entreprise
En pratique, la gestion de la diversité en ressources humaines s’attache notamment à l’intégration professionnelle de tout groupe sur le marché de l’emploi. Intégrer dans l’emploi les personnes étrangères, ou d’origine étrangère, et gérer ainsi ce que l’on nomme désormais la multiculturalité dans l’entreprise, en font partie. Pour résumer la démarche, nous dirons qu’inclure la diversité dans une entreprise, c’est opter pour un choix qui engage… mais qui, en même temps, s’avère généralement porteur sur de nombreux plans. Evidemment, cela sous-tend de respecter la loi puisqu’on s’inscrit, ce faisant, dans les principes de non-discrimination, alors même que l’on décide de participer à une société plus juste et plus équitable. Mais faire le choix de la diversité est éminemment intéressant, ne serait-ce qu’au travers des talents nouveaux, souvent insoupçonnés, qu’on va découvrir en basant le recrutement sur les seules compétences.

Un plus évident pour mon projet, pour moi-même, comme pour mes équipes !
La diversité, et ce qui en découle, aura aussi, nécessairement, un impact direct sur l’image de l’outil, du projet. Et pour cause, l’entreprise apparaît du coup, logiquement, comme plus ouverte et socialement responsable, ce qui a couramment pour effet d’en améliorer l’image… même si ce n’est pas le but recherché. D’un point de vue compétitivité, il y a également fort à parier qu’un tel engagement participe à l’augmentation de la performance d’équipe par émulation. La mutualisation des compétences développera en outre presque inévitablement l’esprit d’innovation et la créativité de chacun. Concrètement, sur le terrain, il semble même, au travers des expériences vécues, que les équipes se sentent plus respectées et s’enrichissent mutuellement, avec pour corolaire moins d’absentéisme et de turnover.

Avec de potentiels bénéfices financiers à la clé !
Sans s’aventurer dans un raisonnement trop simpliste, il semble même qu’une (plus) grande diversité au sein du personnel permette à l’entreprise d’être plus efficace, et donc plus rentable, car cela répond mieux aux besoins des usagers et des clients. S’engager dans une logique de diversité serait donc à la fois une question d’efficacité, mais également de retour sur investissement, le recours à une telle main-d’oeuvre, plus performante, apportant à la fois des solutions, des ouvertures… et donc de vraies opportunités de croissance.

Le recrutement des primo-arrivants
En tant que dirigeant, saviez-vous, par exemple, que les demandeurs d’asile1 sont en situation régulière et ont accès au marché du travail 4 mois seulement après avoir introduit leur demande de protection internationale sans réponse négative ? Une fois reconnus réfugiés, ou bénéficiaires de la protection subsidiaire, ces gens conservent, on s’en doute, cet accès illimité au travail. Vous avez un doute ? Eh bien, renseignez-vous… Car, depuis 2019, une case « accès au marché du travail » est apparue sur les titres de séjour. Suit, sur ce document, la mention : non, limité ou illimité. L’information est claire et les démarches sont simplifiées. Il en résulte qu’il n’y a donc plus de demande de permis de travail à introduire pour être recruté.

Au-delà des craintes
Bien sûr, des craintes peuvent naître dans le chef de l’employeur lors de sa procédure de recrutement ! Celles-ci touchent à la maîtrise du français, à la détention du diplôme demandé, à la compréhension des codes culturels de l’entreprise… Autant de questions auxquelles peut répondre le Crilux. Côté linguistique, par exemple, en réalisant un test de français, en orientant le futur employé vers des cours de français adaptés ou une formation français-métier qui lui permettra d’acquérir le vocabulaire nécessaire à la fonction. Il le fera également en accompagnant le primo-arrivant dans sa démarche d’équivalence de diplôme, ou de validation des compétences, et en développant des outils ou instruments de sensibilisation pour mieux comprendre les valeurs et normes implicites de l’entreprise.

Vous aviez parlé d’avantages…
Et puis, comme le souligne Altay Manço, docteur en psychologie sociale et directeur scientifique de l’IRFAM, cette main-d’oeuvre concentre de nombreux atouts « Les migrations permettent encore aux pays industrialisés de jouer le jeu de la concurrence mondiale. Les migrants représentent une main-d’oeuvre stratégique, puisque flexible, souvent qualifiée… »2. On pointera entre autres comme atouts fréquents : le multilinguisme, la capacité d’adaptation, l’apport d’une créativité nouvelle, la plus-value d’activités économiques transnationales… ou encore l’esprit d’entrepreneuriat.

… et d’incitants financiers ?
Il faut en effet admettre qu’au moment de son installation en Belgique, la personne étrangère est souvent jeune et/ou demandeuse d’emploi inoccupée de plus de 12 mois, en raison de son parcours migratoire et/ou bénéficiaire du revenu d’intégration sociale et/ou en demande de formation. Autant de caractéristiques qui permettent au futur employeur de prétendre à des aides à l’emploi, comme l’Impulsion 25 ans, l’Impulsion 12 mois +, l’article 61, la mesure SINE ou encore le PFI.

Un enjeu social
De surcroît, au-delà des avantages financiers, pour la société en général, ces démarches positives ont un impact sur l’ensemble du marché de l’emploi, diminuent les réticences à l’embauche, contribuent à la sécurité sociale et renforcent la cohésion sociale. Des acteurs-clés existent sur votre territoire pour répondre à vos questions. Le Crilux est l’un d’entre eux. Spécialisé dans l’intégration des personnes étrangères, cette structure peut vous appuyer par la mise en réseau de partenaires potentiels (service aux entreprises du Forem, Mirelux, UNIA…), par la réflexion et la gestion de la diversité au sein de votre entreprise, par l’élaboration de formations sur site adaptées aux besoins identifiés, par la création de projets de parrainage ou mentorat, par l’orientation ou le développement d’actions spécifiques pour votre public (français-métier), par un helpdesk téléphone et mail afin de vous orienter au mieux dans vos réponses.

en collaboration avec Clotilde Hayertz
061 21 22 07 ou via info@crilux.be

‘Y en a marre de la distanciation sociale’ !

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Notre relation aux autres a-t-elle définitivement changé avec le corona ?

Comme tout le monde, depuis quelques mois, vous vous surprenez sans doute dans vos conversations courantes à utiliser des mots inconnus, ou peu utilisés hier, comme vidéoconférence, confinement, ‘lockdown’, présentiel ou distanciation sociale. Rassurez-vous, tout le monde (ou presque) y a succombé et notre langage quotidien s’est adapté ou enrichi, même si ça peut sembler ridicule d’entendre ces mots dans toutes les bouches à longueur de semaines. Quant aux distances qui s’imposent désormais dans nos relations, forcées par les éléments sanitaires, et même si elles modifient forcément l’intensité, voire l’ardeur, de nos contacts humains, sachez qu’elles ne sont pas, elles, nées de la crise que nous traversons, loin de là.

En fait, cette fameuse distanciation sociale, qui est désormais devenue une règle de (sur)vie autant qu’une manière de se protéger tout en respectant les autres, est connue – et étudiée ! – depuis près d’un demi-siècle par les sociologues et autres anthropologues. En un mot comme en cent, elle régit depuis toujours, et souvent de manière informelle, nos relations aux autres, covid ou pas covid…

Proxémie, vous avez dit proxémie ?
Les coachs et autres experts de la communication vous expliqueront que l’étude des distances sociales, telle que définie par l’américain Edward T. Hall, au début des années soixante, est aussi appelée proxémie. Il semblerait, comme l’explique cet anthropologue passionné, que notre façon d’occuper l’espace en présence d’autrui soit un des marqueurs de notre identité, notamment régie par notre culture, notre éducation, notre provenance. On le sait, toutes les ethnies, tous les individus ne se comportent pas de la même manière dans leurs relations sociales, et le rapport à l’occupation spatiale est un marqueur précis qui nous distingue des autres.

Question de bulle !
Pour faire court, rencontrez pour un rendez-vous d’affaires un client ou un fournisseur européen, américain, africain ou asiatique pour vous convaincre des approches très différentes qui peuvent être la norme en la matière en divers points et régions du globe. À l’échelle européenne, une réunion où l’on croise des ressortissants allemands, italiens ou néerlandais suffit déjà, souvent, à appréhender des réalités contrastées, que ce soit en termes tactiles ou de simple occupation de l’espace. Le premier contact, la poignée de main, le positionnement autour d’une table… sont autant d’éléments du non-verbal qui suffisent généralement pour comprendre les us et coutumes, voire les vexations de certains interlocuteurs, avant même d’avoir parlé. Question de bulle justement !

Sécurité
Edward T. Hall, le premier, a montré qu’il y avait autour de nous une surface invisible – la fameuse « bulle » – qui est une zone émotionnellement forte, comme un périmètre de sécurité individuel où l’on ne pénètre pas, en tout cas jamais sans y avoir été invité. Faites l’exercice pour mieux vous représenter cette description un peu simpliste d’une bulle vous entourant, vous constaterez que la représentation est étonnamment réaliste. Vous êtes ainsi probablement moins à l’aise quand un individu se présente face à vous – et tout près ! – que s’il vous suit ou vous aborde latéralement. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il y a dans le cas de figure du face à face un élément d’intrusion évident dans votre bulle proxémique.

Chacun sa carte du monde !
Les experts parlent en l’espèce de notion de bonne distance, mais tous s’accordent pour souligner que les distances en question, comme la taille de la bulle, varient en fonction des individus et, bien évidemment, de leur éducation et de leur culture. N’approchez ainsi jamais de trop près un Américain, pourtant au demeurant loquace et affable, au risque de vous introduire sans son accord dans sa bulle. À ce moment, et aussi surprenant que cela puisse paraître aux yeux de certains, celui-ci se sentira en effet spontanément agressé, d’aucuns diront même violé, alors qu’un Européen du sud acceptera des contacts bien plus rapprochés, les distances sociales étant par exemple extrêmement 1réduites dans les pays arabes et également aux quatre coins du continent africain.

Entre Etats-Unis et Italie, les distances ne sont pas les distances !
Depuis le mois de mars, chacun d’entre nous, et à travers le monde, a plus ou moins intégré que les distances sociales ont valeur de protection s’agissant du Covid-19 qui nous guette. Et l’on s’habitue… On s’habitue d’ailleurs d’autant plus facilement si nos modèles culturels nous avaient préparés à un tel schéma relationnel distancié. Chez nous, spontanément, le Flamand a sans doute eu plus de facilité à intégrer la notion que le Wallon, plus latin dans l’âme et dans ses comportements. Un Strasbourgeois, en France, aura sans doute eu moins de mal à se conformer aux règles sociales nouvelles qu’un Marseillais, pour expliquer la chose sans entrer (trop) dans le cliché. Sauf qu’à l’aube des années soixante, Hall avait déjà mis quatre catégories principales de distances interindividuelles en évidence. Certes, cette étude a été faite aux Etats-Unis, les données sont donc forcément un peu plus strictes, mais toujours est-il qu’elles nous livrent des informations qui corroborent les distances aujourd’hui établies, paraît-il, en fonction de la propagation virale.

N’étions-nous pas devenus trop latins ?
On apprend à travers cette catégorisation que la distance sociale, autrement dit celle que l’on considère comme étant normale dans nos interactions avec des amis, des collègues, des clients, bref le commun des mortels hors cercle proche, se situe entre 1,20 m et 3,70 m. Tiens, tiens, on se trouve quasi dans le chiffre de la distanciation covid ! Ce qui signifie que nous avons, nous, Européens du coeur de la vieille Europe, depuis très longtemps, troqué la distanciation sociale normale et évidente… pour une distanciation qualifiée par les spécialistes de personnelle, réservée, selon Hall, aux conversations particulières destinées principalement aux proches. Pas la distance intime (entre 15 et 45 cm), où là on se trouve carrément dans une zone de très grande proximité, qui s’accompagne d’une implication physique réelle et d’un échange sensoriel élevé… mais pas non plus la distance sociale normale telle que définie par les relations sociales au pays de l’Oncle Sam. Pour votre information, la dernière des catégor es définies est la distance publique (supérieure à 3,70 m), qui est utilisée lorsqu’on parle à des groupes.

Quid demain ?
Il s’avère donc en fait que notre culture, sans doute influencée à travers le temps par les relations du plus en plus régulières avec des populations du sud, nous a conduits à privilégier des relations plus proches dans l’absolu avec tout un chacun, parfois extrêmement proches d’ailleurs. Peut-être trop proches, diront certains aigris ou peureux ! Derrière tout cela, il y a tout de même fort à penser que nous ne sortirons pas indemnes de la crise sanitaire que nous venons de traverser. Non seulement la société aura été meurtrie par les affections, les passages en hôpitaux et les trépas, mais chaque individu aura aussi vu un pan de ses libertés être irrémédiablement réduit. Ce n’est pas mortel en soi, mais il n’est pas certain qu’une fois les masques tombés nous reprendrons nos habitudes d’hier, comme si rien ne s’était passé. Vous vous souvenez, quand nous partagions les accolades et embrassions amis, connaissances et parfois simples relations à qui mieux mieux.

Peur de l’autre !
Bien sûr, la classification proxémique à laquelle nous faisons référence a toujours été l’illustration du comportement des individus pour définir leur territorialité en regard des rapports qu’ils entendent entretenir avec autrui, en tenant compte de leurs acquis sociaux et culturels. Mais, aujourd’hui, la peur de l’autre a ajouté une composante qui pourrait biaiser bien des relations. Evidemment, la distance privilégiée dans les relations variera toujours selon l’image que l’on se fait de l’autre, qu’il soit ami, qu’il soit frère, supérieur hiérarchique, étranger, inconnu, sale, malade… avec maintenant la crainte généralisée de « cet autre » potentiellement porteur du virus. À cette fin, avez-vous remarqué que vos collègues proches, vos voisins ou des membres d’un même groupe d’amis ou de partenaires d’affaires ou de plaisir vous semblent d’emblée moins dangereux qu’un individu lambda vous demandant le chemin, qu’un SDF croisé dans la rue ou qu’un étranger vous abordant en gare ou à l’aéroport ?

Tout nous trahit !
Si cette question des distanciations sociales et de la proxémie vous intéresse, en y ajoutant la synchronie interactionnelle, c’est-à-dire le mimétisme comportemental qui régit une communication efficace, sachez que nos comportements trahissent toujours nos pensées et ressentis. Sur le sujet, regardez simplement où et comment s’installent vos collaborateurs, prospects et/ou clients autour d’une table pour une réunion, analysez leurs attitudes gestuelles, leur posture et vous comprendrez assez vite qu’au-delà des distances, le placement des gens et leur manière de séduire au travers de leur gestuelle trahissent leurs intentions, qu’elles soient collaboratives ou combattives. Nous, en ces quelques lignes, nous avons simplement voulu vous signifier que la distanciation sociale n’est absolument pas neuve, elle a sans doute changé depuis mars mais c’est une réalité vieille comme le monde. Sur ce, et puisque l’autre est maintenant un ennemi, je remets mon masque et m’éloigne, direction mon île déserte, sait-on jamais…

Pieter TIMMERMANS nous a rejoints, en septembre dernier, à la CCILB…

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Le patron des patrons a parlé de relance économique et son discours a largement fait mouche !

Le 9 septembre dernier, pour sa conférence de rentrée, le Club des grandes entreprises de la province de Luxembourg recevait Pieter Timmermans, l’Administrateur-délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). L’occasion pour la Chambre de l’inviter à parler de la relance post-Covid et des marchés que nos entreprises peuvent à nouveau aller chercher tous azimuts.

On doit remettre le travail sur le métier pour s’en sortir…
Car il est temps, grand temps même, de tout mettre en oeuvre pour replacer l’économie belge sur de bons rails, même si chacun sait aujourd’hui qu’il faudra sans doute plusieurs années avant de retrouver le niveau du début 2020. Sans trop revenir sur le ‘lockdown’ quasi généralisé qui a prévalu dès le mois de mars – tout le monde se souvient de cette funeste semaine qui, en sus d’enregistrer des malades à foison, a suffi pour ‘mettre’ 60 % de notre économie à plat – il nous faut quand même remarquer, comme l’a souligné le patron des patrons, que tout le monde croyait alors erronément que les choses iraient vite mieux. Que nenni ! Tout s’est enlisé, à tel point que des secteurs n’ont toujours pas repris actuellement.

Pas de soleil avant 2022 !
Résultat : la crise sanitaire a donc viré en véritable crise économique, avec les retombées que l’on sait ou que l’on ‘attend’ sur les entreprises, l’emploi et, in fine, Pieter Timmermans a largement insisté, sur le pouvoir d’achat, donc la consommation, donc les entreprises, donc l’emploi… C’est le chat qui mord sa queue ! Et qui risque de le faire longtemps. Car tous les spécialistes le disent, et le porte-parole de la FEB en tête, le redressement sera long, très long. Au mieux, on ne devrait pas y voir plus clair avant 2022. C’est, évidemment, qu’on ne récupère pas ainsi une perte de richesse estimée à 50 milliards d’euros ! Par comparaison, Pieter Timmermans expliquait que la croissance négative du début des années Dehaene, vers 1993, plafonnait à – 1,1%, ce qui était alors la plus grave crise puisque clairement nous étions en phase de décroissance… contre – 8 à – 10 % aujourd’hui, c’est tout dire.

La perfusion s’arrêtera en fin d’année !
Début d’année, en janvier, 90 % des entreprises n’avaient pas de problèmes importants, ce qui est normal quand on sait que généralement 4 à 5 % des entreprises seulement font faillite chaque année. Neuf mois plus tard, suite au Covid et à ses implications, 43 % des entreprises font état de problèmes de liquidités et, sans intervention de l’Etat, seraient en risque de faillite. Bien sûr, l’Etat a mobilisé ses forces, avec le chômage économique, les mesures envers les indépendants et les entreprises, sans oublier le Plan Bazooka au niveau bancaire. Grâce à ces mesures, le risque de faire faillite est descendu en dessous de 20 %. Bref, l’Etat a joué son rôle. Sauf qu’après 6 mois de crise, deux entreprises sur dix sont très mal en point. Et l’avenir n’est pas rose puisque la perfusion sous forme d’aides va s’arrêter en fin d’année.

Il nous faut au plus tôt un gouvernement de plein exercice
Pour le patron de la FEB, les nécessités sont clairement de trois ordres en cette rentrée de septembre, à savoir un nouveau gouvernement, une concertation sociale et un apport financier pour relancer la machine. La présence d’un gouvernement est nécessaire pour introduire notre plan de relance auprès de l’Europe, Charles Michel aurait avancé le chiffre de 750 milliards d’euros. La concertation sociale est, elle, plus qu’indispensable pour que rien d’autre ne vienne prochainement enrayer l’input financier. Quant à la mobilisation d’autres sources de financement, Pieter Timmermans, sans nous donner toutes les ficelles de son plan, songe à essayer de mobiliser – pourquoi pas ? – l’épargne privée. Il plaide en tout cas pour des mesures comme les intérêts notionnels bis pour les PME, un tax shelter renforcé, des prêts subordonnés sur des périodes limitées… Côté positif, la crise a, selon lui, permis de mettre en avant le fait de travailler autrement, avec des technologies up-to-date, en soulignant également la résilience des uns et des autres qui se sont mobilisés, ont innové, ont joué de créativité, et se sont parfois carrément réinventés. Une belle rencontre encore que celle-ci !